La scène a lieu dans l'Italie Mediavale du 14ème siècle. De
l'imagination de Boccace née le Décaméron, un recueil de 100
nouvelles confrontant l'insouciance d'une poignée de protagonistes
en quête de paradis et la gravité du fléau, la peste, qui ravage la
population florentine. Sept cent ans plus tard, le décor n'a pas
beaucoup changé. Avec d'un coté les 27 chefs d'Etat européens prêts
a sacrifier une nuit de sommeil et sauter quelques repas pour
atteindre l'eden de la rigueur budgétaire. Et de l'autre, un Vieux
Continent rongé par le mal des déficits publics. Dans le rôle du
narrateur, David Cameron, le premier ministre britannique dépeint
ses 26 contemporains comme des enfants gâtés incapables de
respecter les règles de conduite budgétaire signées presque 20 ans
plus tôt à Maastricht. Au diable la solidarité ! Après tout, jamais
la Perfide Albion n'a décidé de souscrire à la monnaie unique,
pourquoi faudrait-il dès lors soutenir les maillons faibles de la
zone euro. Autant commencer par balayer devant sa porte. Ca tombe
bien : le dépoussiérage a commencé sur les dorures ornant la
devanture du 10 Downing Street. Déplumé, le peuple gronde mais pour
David l'honneur est sauf. En tout cas face aux marchés financiers
qui se réjouissent de tant d'austérité, finissant même par
accorder, autant, voire plus de crédit à la solvabilité britannique
qu'à celle de l'Allemagne, jusque- là chantre de la rigueur
comptable. Si bien que les taux du Guilt, l'emprunt d'état de
référence à 10 ans outre-Manche s'est permis le luxe de passer en-
dessous du Bund germanique. A Paris le Petit Nicolas fulmine. A
l'autre bout du Tunnel, David refait le monde au fond de sa tasse
de Earl Grey : si les fonds de pension désertent l'Europe, ils ne
quitteront pas Londres! Il ne faudrait pas non plus froisser la
susceptibilité des banques qui représentent plus des trois quart du
PIB de l'Ile...







